
Comment aborder la rentrée scolaire : Techniques d'étude et routines
Reprendre les cours après plusieurs semaines de vacances demande de retrouver des horaires réguliers, de la concentration et surtout l'habitude d'étudier. La meilleure façon d'y parvenir n'est pas de recommencer immédiatement par de longues journées de révision, mais de reconstruire une routine que l'on pourra tenir pendant toute l'année.
La rentrée est aussi un bon moment pour regarder ce qui n'a pas fonctionné l'année précédente. Des révisions toujours repoussées au dernier moment, des heures passées à surligner sans vraiment retenir ou un téléphone consulté toutes les cinq minutes sont autant d'habitudes qui peuvent être revues.
Les techniques d'étude les plus utiles combinent organisation, apprentissage actif et pauses. L'objectif n'est pas de remplir chaque après-midi de tâches, mais de donner un but précis à chaque séance et de vérifier ensuite ce qui a réellement été appris.
Comment aborder la rentrée et retrouver sa routine d'étude
Après les vacances, vouloir retrouver son rythme maximal dès le premier lundi peut vite devenir décourageant. Une habitude d'étude se reconstruit plus facilement de manière progressive.
Pendant la première semaine, il peut suffire de retrouver des horaires stables pour se lever, manger, étudier et se reposer. Le temps consacré aux cours augmente ensuite à mesure que commencent les lectures, les exercices et les premières échéances.
Quatre ajustements peuvent particulièrement aider au début :
- Retrouver un rythme de sommeil régulier, en évitant de décaler fortement l'heure du coucher entre la semaine et le week-end.
- Fixer une plage horaire précise pour étudier, même si elle reste courte au départ.
- Préparer la semaine avant qu'elle ne commence, en notant les cours, les échéances et les tâches importantes.
- Garder du temps pour les loisirs et le repos. Un planning impossible à respecter perd très vite son utilité.
Le sommeil n'est pas un détail. Une étude réalisée auprès d'étudiants universitaires a observé une association positive entre la régularité des horaires de sommeil et les résultats académiques. Cette relation apparaissait indépendamment de la durée moyenne du sommeil, même si les auteurs précisent que leur étude ne permet pas d'établir un lien de causalité (Phillips et al., 2017).
Avant de chercher des méthodes compliquées, il vaut donc mieux commencer par quelques bases : se coucher et se lever à des heures similaires, préparer son matériel à l'avance et savoir ce qui doit être fait le lendemain.
La routine dépend aussi du type d'études. Une personne qui commence l'une des licences disponibles peut avoir besoin de davantage de structure pour gérer plusieurs matières en parallèle. En troisième cycle, le travail autonome prend souvent plus de place. Lorsqu'on compare différents masters, il est donc utile de regarder la modalité d'enseignement, la charge de travail et le niveau d'autonomie demandé.
Techniques d'étude infaillibles pour améliorer votre productivité
Il n'existe pas de méthode infaillible qui fonctionne de la même manière pour tous les étudiants et toutes les matières. Certaines méthodes d'apprentissage disposent toutefois de davantage de preuves que la simple relecture répétée ou le surlignage.
Une revue de dix techniques d'apprentissage publiée dans Psychological Science in the Public Interest a attribué son niveau d'utilité le plus élevé à deux stratégies : la pratique de récupération et l'apprentissage distribué dans le temps. À l'inverse, la relecture et le surlignage ont obtenu une évaluation plus faible en raison de bénéfices moins constants selon les situations (Dunlosky et al., 2013).
Ces résultats peuvent être transformés en méthodes pour étudier très concrètes :
- Rappel actif. Fermer ses notes et essayer de retrouver de mémoire les idées principales.
- Révisions espacées. Revenir plusieurs fois sur un contenu à quelques jours d'intervalle plutôt que de tout concentrer dans une seule séance.
- Autoévaluation. Utiliser des questions, des exercices ou des examens blancs pour vérifier ce qui est réellement maîtrisé.
- Explication avec ses propres mots. Essayer d'expliquer une notion comme si elle devait être enseignée à quelqu'un d'autre.
- Alternance des exercices, lorsque la matière s'y prête, plutôt que de résoudre pendant des heures des problèmes presque identiques.
Le rappel actif est particulièrement intéressant. Dans une expérience publiée dans Science, la répétition de tests de récupération après l'apprentissage a produit un avantage important pour la mémorisation à long terme, contrairement au fait de continuer à relire plusieurs fois un contenu déjà étudié (Karpicke & Roediger, 2008).
Pour quelqu'un qui se demande comment mieux réviser ses examens, quelques questions peuvent donc transformer une séance :
- Qu'est-ce que je peux expliquer maintenant sans regarder mes notes ?
- Quelles notions est-ce que je confonds encore ?
- Serais-je capable de répondre à une question d'examen sur ce sujet ?
- Que dois-je revoir dans deux ou trois jours ?
Cet exercice demande davantage d'effort que la relecture. C'est justement cet effort qui permet de mieux voir ce qui est réellement acquis.
Certaines astuces pour étudier peuvent aider à se mettre au travail, mais il faut distinguer le petit conseil de productivité de la méthode qui permet de retenir durablement une connaissance. Même lorsqu'on s'intéresse au « Fast learning » ou comment apprendre une nouvelle compétence en moins de 24 heures, une première découverte ne remplace pas la pratique nécessaire pour consolider un apprentissage.
Stratégies pour se concentrer et éviter les distractions en septembre
Un bon planning perd une grande partie de son intérêt si chaque séance est interrompue en permanence. La concentration ne dépend pas uniquement de la volonté : l'environnement compte lui aussi.
Le smartphone en est un bon exemple. Deux expériences ont montré que la simple présence de son propre téléphone pouvait réduire les ressources cognitives disponibles, même lorsque les participants ne l'utilisaient pas. Dans l'une des expériences, ceux qui avaient laissé leur smartphone dans une autre pièce obtenaient de meilleurs résultats à certaines tâches cognitives que ceux qui l'avaient posé sur leur bureau.
Cela transforme un conseil très simple en l'un des conseils pour étudier les plus faciles à tester : si le téléphone n'est pas nécessaire, mieux vaut le retirer de la table et, si possible, le laisser dans une autre pièce.
D'autres petits changements peuvent faire la différence :
- Fermer les onglets et les applications qui n'ont rien à voir avec la tâche.
- Désactiver les notifications pendant la séance.
- Décider avant de commencer ce que l'on veut terminer.
- Préparer les notes, l'eau et le matériel afin de limiter les interruptions.
- Regrouper les messages, les e-mails et les petites démarches pour les traiter plus tard.
Travailler par blocs peut également aider. Il n'est pas nécessaire d'appliquer une méthode comme Pomodoro à la minute près. L'intérêt est surtout de se consacrer à une seule tâche pendant une période définie et de savoir à quel moment viendra la pause.
Si la difficulté principale concerne précisément l'attention, comment se concentrer pour étudier : stratégies et conseils efficaces permet d'aller plus loin avec d'autres pistes pour réduire les interruptions et retrouver une concentration durable.
Routines de pensée : Apprendre à organiser son esprit
Certains jours, le problème n'est pas le manque de temps mais le nombre de choses à faire. Quand plusieurs tâches restent ouvertes en même temps, décider par laquelle commencer devient déjà un effort.
Les routines de pensée permettent d'organiser une séance avant, pendant et après le travail. Elles n'exigent aucune application particulière. Quelques questions concrètes suffisent.
Avant de commencer :
- Qu'est-ce que je veux avoir terminé lorsque je quitterai mon bureau ?
- Qu'est-ce que je sais déjà sur ce sujet ?
- Quelle partie me semble la plus difficile ?
- Comment vais-je vérifier que je l'ai comprise ?
À la fin :
- Qu'est-ce que je pourrais expliquer maintenant sans aide ?
- À quel moment ai-je hésité ?
- Quelle sera ma première tâche lorsque je reprendrai ce sujet ?
Cette dernière question semble anodine, mais elle évite de perdre plusieurs minutes à chaque nouvelle séance pour retrouver où l'on s'était arrêté.
Les objectifs trop larges gagnent aussi à être transformés en actions précises. « Réviser l'économie » n'indique pas ce qu'il faut réellement faire. « Résoudre les exercices 1 à 8 puis corriger les erreurs » possède un début et une fin clairement identifiables.
Même logique pour un travail universitaire. « Avancer sur le projet » peut devenir « trouver trois sources », « rédiger 500 mots » ou « relire la conclusion ». Plus une tâche est concrète, moins il faut dépenser d'énergie pour décider comment commencer.
S'organiser, demander de l'aide, travailler en équipe ou gérer la frustration permet aussi de développer des compétences utiles bien au-delà des examens. Elles font partie des soft skills vs hard skills : lesquelles pèsent le plus sur le marché du travail actuel, qui commencent à se construire bien avant le premier emploi.
Flexibilité et campus virtuel : Étudiez à votre rythme cette année
La flexibilité est particulièrement utile lorsque les études doivent être conciliées avec un emploi, un stage ou d'autres responsabilités. Mais étudier à son rythme ne signifie pas étudier uniquement lorsqu'il reste un peu de temps libre.
Dans une formation en ligne ou hybride, le campus virtuel permet d'accéder aux supports, aux cours, aux activités et aux échéances depuis différents endroits. Cette autonomie demande en contrepartie une plus grande capacité à organiser soi-même son apprentissage.
Une revue systématique consacrée à l'apprentissage autorégulé dans l'enseignement supérieur en ligne a observé que la gestion du temps, la métacognition, la régulation de l'effort et la pensée critique étaient associées positivement aux résultats académiques dans les études analysées (Broadbent & Poon, 2015).
Pour profiter de cette flexibilité, une routine simple peut suffire :
- Consulter le campus virtuel au début de chaque semaine, et pas uniquement lorsqu'une notification arrive.
- Reporter les échéances importantes dans un calendrier personnel.
- Réserver des créneaux précis pour les cours, les révisions et les travaux.
- Garder une plage libre pour absorber les imprévus.
- Vérifier chaque semaine ce qui a été terminé et ce qui commence à s'accumuler.
La technologie élargit également les possibilités. Plateformes collaboratives, outils de planification, systèmes de visioconférence ou applications d'IA font partie des TIC dans l'éducation : les outils qui révolutionnent les salles de classe et peuvent faciliter l'accès aux contenus comme l'organisation du travail.
